Ouganga : A deux jours des élections générales, les réseaux sociaux coupés

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La décision est tombée comme un couperet, ce mardi, alors qu’une coalition d’ONG venait de demander précisément au pouvoir ougandais de ne pas toucher à l’accès à internet en amont et pendant les élections.

Selon une lettre consultée par les agences AFP et Reuters, la directrice de la Commission ougandaise des communications, Irene Sewankambo, a ordonné aux opérateurs de « suspendre immédiatement tout accès » à l’ensemble des réseaux sociaux et services de messagerie, et ce jusqu’à nouvel ordre.

Ce mardi, en milieu d’après-midi, l’organisation de surveillance des réseaux Netblocks confirmait le blocage : « Les mesures en temps réel montrent que Twitter, Facebook, WhatsApp, Instagram, Snapchat, Skype, Viber, Google Play Store, certains serveurs Telegram et certains services de raccourcissement de liens figurent parmi une longue liste de médias sociaux présélectionnés et non disponibles via les principaux opérateurs de réseaux cellulaires ougandais. »

Les autorités ougandaises déjà épinglées

La veille, dans une lettre ouverte, 54 organisations membres de la coalition #KeepItOn avaient demandé au président Museveni, candidat à un sixième mandat, ainsi qu’à ces mêmes opérateurs, de garantir que « l’internet, y compris les médias sociaux et autres plateformes de communication numérique, reste ouvert, accessible et sécurisé dans tout l’Ouganda pendant toute la durée des élections et de l’investiture [du président élu] ».

Les autorités ougandaises ont en effet été maintes fois épinglées par les défenseurs des libertés numériques pour des atteintes à la libre expression sur internet. Lors des précédentes élections générales, en février 2016, le pays avait connu une coupure similaire, justifiée par « des raisons de sécurité ». Plus récemment, en septembre dernier, le régulateur ougandais des télécoms avait imposé une autorisation officielle avant de publier du contenu en ligne.

Représailles

Selon une source travaillant dans le secteur des télécommunications et consultée par l’AFP, cette mesure a été prise en représailles de la fermeture lundi par Facebook de plusieurs comptes appartenant à des responsables gouvernementaux ou des soutiens du président Yoweri Museveni.

La présidentielle du 14 janvier verra s’affronter onze candidats, dont le président sortant et le chanteur devenu député, Bobi Wine, désormais principal candidat de l’opposition.

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